En France, on n’a pas d’idées, mais on a Laurent Joffrin

Merci au COLLECTIF LITTORAL 34 GAZ DE SCHISTE NON MERCI ! qui nous a transmis ce commentaire.

Dans son édito du 18 juillet intitulé « Montebourg a raison », Laurent Joffrin remet les pendules à l’heure

D’accord, les forages de gaz de schiste aux Etats Unis créent « des dégâts à la nature » et « des dommages environnementaux » (de fortes pollutions de l’air et des eaux qui entraînent une augmentation de la mortalité, des cancers, etc…).

Oui, il est vrai que l’exploitation du gaz provoque des fuites de méthane, un gaz à fort effet de serre qui se répand dans l’atmosphère »…à tel point que cette industrie a un bilan global pire que celui du charbon en matière de réchauffement climatique.

Mais Laurent Joffrin nous rassure : ici, en France, ce cauchemar n’aura pas lieu. Il a entendu Arnaud Montebourg montrer la voie : « le progrès technologique, à court terme, va nous donner de nouvelles techniques qui permettront de respecter les sous-sols et de réduire l’importance des fuites de méthane ».

Peu importe que les multinationales de l’énergie avouent ne pas savoir comment faire autrement qu’avec la fracturation hydraulique, procédé terrible pour la santé et la nature, mais profitable pour la finance.

Mais même plus assez pour elle, au vu des difficultés de ce secteur aux Etats Unis, surendetté, incapable de faire face aux fulgurantes pertes de rendement des gisements à peine creusés, terrassé par la crise de rentabilité de ce marché, pourtant largement subventionné par l’Etat fédéral et exempté de respecter les normes sanitaires et environnementales.

Mais nous, en France, nous bénéficierons de nouvelles méthodes, différentes, propres, «respectueuses du sous-sol », le Ministre « en est convaincu ». Ouf ! Sauvés !

Alors Laurent Joffrin, un voyant en symbiose avec Arnaud Montebourg, porte son regard à l’horizon.

Et le stratège de dévoiler sa vision :il faut exploiter « plus intelligemment » ce gaz qui « réduira notre dépendance énergétique », qui « créera des emplois » et qui « se substituera aux importations de gaz que nous payons à prix d’or sans rien changer à la quantité de CO2 présent dans l’atmosphère ».

Au bout de la marelle, il y a le paradis : « les ressources financières qui en découleraient seraient employées à la recherche sur les énergies renouvelables. »

Renvoyés à leurs copies, la Commission Européenne, le CGIET et CGEDD qui évaluent, pourtant sur la base des estimations des pétroliers, à terme, dans le meilleur des cas à 10% sur quelques années la part possible du gaz de schiste dans celle du gaz importé, et la qualifient de moins protectrice pour le consommateur, et mieux encadrée contre la hausse des prix par nos contrats actuels.

Calciné, le chiffre de la création en 10 ans aux Etats Unis d’à peine 1,2 emplois par puits foré. Idem pour l’estimation de la création d’à peine quelques centaines d’emplois par le rapport du CGIET, sans comptabiliser ceux détruits dans le tourisme, l’immobilier, l’agriculture…

Pulvérisé, le fait qu’après 500 000 puits forés, le « boom » du gaz/pétrole de schiste aux Etats Unis n’a en réalité représenté que 0,6% de la croissance du pays depuis 2009.

Balayé, le fait que l’exploration des gaz de schiste est en cela strictement identique à l’exploitation qu’elle nécessite d’emblée de pratiquer la fracturation hydraulique, avec son cortège de dommages si bien décrits par le meme Joffrin qui assène avec la force de l’ignorance que « l’exploration n’engage à rien »…sauf pour les populations.

Et quant à la fin de l’argumentaire de notre barde Montebourgiste…. Aux Etats Unis, non contents d’avoir lourdement subventionné le secteur des gaz de schiste depuis dix ans, ce sont à présent les Etats qui sont sollicités pour reboucher les puits, compenser les pollutions, gérer les dommages.

Ce coût faramineux pour les finances publiques, Laurent Joffrin nous exhorte de croire qu’il sera, chez nous, grâce au génie français, nous seulement compensé mais qu’il permettra de financer la transition énergétique.

En France, l’absence d’infrastructures gazières ou pétrolières maillant le pays (gazoducs, oléoducs, lieux de raffinage, de stockage, les bassins de rétention, etc..), les multiples usages existants des sols (habitat dense, agriculture, loisirs, parcs naturels….) non seulement limitent de fait la possibilité de penser une activité de ce type, mais conduiraient à des coûts publics irréalistes de mise en place de cette industrie…..ou alors au détriment de la transition énergétique.

Lors de l’essor de l’industrie des gaz de schiste, les Etats Unis ont presque cessé de financer la recherche en énergies renouvelables. A présent que les gaziers s’essoufflent, M. Obama annonce le transfert des subventions vers les énergies vertes, seules « garantes de l’avenir et d’une véritables croissance ». Lorsque nous en serons là, Laurent Joffrin pourfendra les défenseurs du gaz de schiste….

Apparemment notre journaliste ignore les réalisations actuelles de nos voisins (Allemagne, Espagne, Danemark..) qui sont passé outre les gaz de schiste pour mettre les bouchées doubles sur les énergies renouvelables et cheminent donc très rapidement vers l’indépendance énergétique.

Alors, comme il le dit lui-même en parlant des opposants au gaz de schiste, comme « il ne veut pas savoir », il « lutte contre la connaissance », et « passe de la précaution à l’anathème » contre eux, « polluant le débat par une menace grave : celle de l’irrationnel» puisque « les arguments rationnels sont inaudibles ».

Ce qu’il veut, il le dit : « rendre le gaz de schiste acceptable », malgré son absurdité financière, économique, sociale, environnementale.

D’ailleurs son exploration a commencé en France, d’où un appel national à manifester le 3 aout à Jouarre (http://www.nongazdeschiste.fr/index.php/coordinationnationale/284-communique-de-presse-du-22-juillet-2013)

A Laurent Joffrin, chantre du gaspillage des fonds publics, négationniste du réel, Monsieur Loyal des lobbies, et troubadour du pouvoir, nous proposons de méditer cette phrase extraite du dernier spectacle de l’humoriste languedocien Daniel Villanova : « en France si la presse n’est pas muselée, c’est que ça fait longtemps que la plupart des journalistes ont cessé de mordre. »…mais pas d’aboyer pour complaire aux puissants.

COLLECTIF LITTORAL 34 GAZ DE SCHISTE NON MERCI !

Contacts : stopgazlittoral34@gmail.com et 06 38 35 87 98

https://www.facebook.com/pages/Stop-gaz-de-schiste-littoral-34/421669141230514

http://stopgaz34.canalblog.com/

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